18.06.2009

G4ALY, G2BVN, G3BID et les autres...

Je reviens d'une petite escapade au pays de Galles. Si en anglais je parviens (pas toujours facilement) à m'en sortir bien que le peu de choses exprimées ne soit pas souvent comprises en raison de ma prononciation, il n'en est pas de même au pays des GW...Je suis quelquefois obligé de passer en graphie. Mais non, pas en CW, mais j'écris le mot !

Accueillis très amicalement d'autant plus que nous venions de Bretagne... Il parait que les Gallois et les Bretons se comprennent ... Malheureusement bien qu'ayant comme beaucoup une grand'mère bretonne, je ne parle ni ne comprends cette langue !

GW slow.jpg


Jugez plutôt. Si la première ligne indique le nom du village, la seconde ligne indique en gallois ce qui est indiqué en anglais sur la troisième !

Ralph, G4ALY, mon fidèle correspondant sur 10 GHz m'avait prévenu, au Pays de Galles, certains noms de gare sont plus longs que le quai !

Gogogoch.jpg

Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch

Certainement le nom de village le plus long du monde. 58 lettres ! Les Gallois ont eux aussi de l'humour... ils viennent de le jumeler avec Y un village de la Somme !

Si Georges Perec a écrit un livre (La disparition) sans utiliser la lettre e, les Gallois ne font pas un abus des voyelles qu'ils n'utilisent que très peu...

Je m'égare... Revenons à la radio, tout en restant en Angleterre, pour faire revivre deux OM que j'ai eu le plaisir de côtoyer et qui ont donné beaucoup pour l'émission d'amateur.

G2BVN, Roy Stevens, occupa moult fonctions au sein de l'association anglaise RSGB, fut vice-président de l'IARU mais surtout son secrétaire durant de nombreuses années. Bien que toutes ces activités ne lui laissaient que peu de temps pour le trafic, G2BVN figura parmi les meilleurs au DXCC. Roy travaillait dans un cabinet d'architectes si mes souvenirs sont bons. Il m'a confié que son patron lui avait demandé un jour " cette semaine vous travaillez pour la Société ou pour l'IARU ? ".

Le "G2BVN Award" vient honorer ceux qui se sont dévoués pour l'IARU. F8TM a reçu cette distinction en 1996.

Roy nous a hélas quittés, bien trop tôt...

 

G3BID, Edgar Wagner, fut le créateur de l'ARMS (Amateur Radio Mobile Society). Edgar travaillait à la City et roulait en Bentley, surnommée par certains la Rolls du pôvre ! Conduite parfois par Sir Herbert, Edgar pouvait s'adonner pleinement au trafic amateur en mobile, installé confortablement à l'arrière du véhicule. Quelques amis avaient trouvé "shocking" les trous percés dans une telle vénérable carrosserie, pourtant nécessaires à l'installation de l'antenne !

Il créa le MCA (Mobile Century Award), l'ARRL n'ayant pas jugé bon d'ajouter un "DXCC mobile" à sa panoplie. Le numéro 1 fut délivré à notre regretté Jacques, F3DJ, qui parvint le premier à contacter 100 pays en mobile. Des esprits chagrins pensent que si le premier avait été un américain...

Edgar était d'une grande rigueur. Sa voiture ayant été mise en fourrière, il fit courtoisement remarquer que si l'endroit où il garait régulièrement sa voiture n'avait plus le parcmètre habituel, rien n'indiquait une interdiction de stationner. Le chef de la police en convint et lui présenta ses excuses. Pas complètement satisfait, notre ami exigea que son véhicule fut remis à la place où il l'avait laissé... Ce qui fut fait, non moins courtoisement !

L'humour d'Edgar n'avait d'égal que sa rigueur. Lors d'une rencontre à Paris au moment où les Basses Pyrénées devenaient Atlantiques, la Seine n'était plus Inférieure mais Maritime, j'en passe, Edgar me fit part de sa perplexité : "Claude, je suis très embarrassé lorsque je parle de BLU avec mes amis français, pour la bande supérieure pas de problème mais pour l'inférieure j'ai décidé de dire "l'autre bande"... Qu'en pensez-vous ?

Coup de chapeau au passage au Bas-Rhin qui a dû penser que la modification était disons sans fondement.

Pris d'un malaise durant sa promenade matinale en bord de mer, G3BID a été retrouvé noyé.

 

Si les rapports F-G ne sont pas toujours affectueux (surtout durant le tournoi des 6 nations), il en existe d'excellents !

 

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L'auteur du livre "La disparition" est G.Perec et non Ferec. Traduit en anglais sous le titre "A Void" et toujours sans e !

Merci à Laurent F6FVY pour son aide.

 

01.06.2009

Je ne comprends pas...

Je suis toujours étonné d'entendre ou de lire "Internet a tué le trafic amateur". J'ai l'impression que ce genre de réflexion émane à peu près des mêmes qui m'ont demandé un jour pourquoi j'étais content d'avoir contacté Bordeaux sur 144 MHz alors qu'ils "faisaient" régulièrement cette ville, et sans problème, sur 40 mètres !

Le moteur a-t-il tué la voile ? la voiture a-t-elle éliminé le vélo ? Le logiciel MMTTY, mis aimablement (et gracieusement) à notre disposition par JE3HHT, a remplacé ma vieille Creed 7BN4 qui faisait croire à mes voisins que je m'exerçais au tir dans l'appartement !

La BLU, tant décriée dans les années 60, n'a pas éliminé la télégraphie. J'ai même lu qu'au grand concours international CQ WW de 2008, le nombre de comptes rendus en CW avait dépassé celui de la partie "phonie"... Ce week-end, à l'occasion du WPX, la partie CW des bandes s'est encore dilatée !

Pour ma part (et je ne suis pas le seul, heureusement), je considère Internet comme une aide, au même titre que le radiogoniomètre, le radar ou le sondeur le sont pour la navigation...

D'autres s'en prennent aux "clusters" et autres salons. Ceux-ci n'ont pas fait oublier l'excellente feuille DXNS lancée par le SWL Geoff Watts dans les années 70 ni  "Les nouvelles DX" pilotée par F6AJA.

En fait, à la lecture des messages qui précèdent ou suivent les concours, je crois surtout que c'est le problème posé par les classements qui provoque ce genre de réactions... Si les hommes naissent égaux, les OM ne peuvent l'être en raison des disparités de lieux, de puissance, de possibilités d'antennes, de temps libre...

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler ces lignes ?

Le service d'amateurs et d'amateurs par satellite est défini aux articles 1.56 et 1.57 du Règlement des radiocommunications (RR) de la façon suivante : " Service de radiocommunication ayant pour objet l'instruction individuelle, l'intercommunication et les études techniques, effectué par des amateurs, c'est-à-dire par des personnes dûment autorisées, s'intéressant à la technique de la radioélectricité à titre uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire ".

 

Je m'interroge sur plein de sujets en ce moment. L'âge peut-être... Tenez, quand je contactais une station côtière en télégraphie, nous échangions un cordial BJR VX (Bonjour Vieux). En téléphonie on se donnait du "Bonjour Monsieur"... Allez comprendre !

J'ai questionné des anciens de la Marchande. Sans résultat. Confraternité des graphistes ? Peut-être.

 

 

19.05.2009

Chronique de la TSF ... en 1914

F3CW (quel bel indicatif !) m'a fait parvenir en son temps une "Chronique de la TSF" extraite du journal "La nature", tome 42 du premier semestre 1914. On y parle des radiotélégraphistes... Merci Alain.

La conférence de Londres de 1912 vient d'exiger que les bateaux soient dorénavant équipés de stations radioélectriques. Malheureusement il n'existe aucune école spécialisée et c'est la marine de guerre qui fournit l'essentiel des opérateurs. Seules quelques écoles comme l'école d'hydrographie de Boulogne sur mer et certaines compagnies de T.S.F dispensent des cours adaptés.

C'est l'administration des P.T.T qui délivre les diplômes de 1ère et 2ème classe qui ne se différencient que par la vitesse de lecture au son. Cette distinction a perduré et j'ai déjà eu l'occasion de dire ce que j'en pensais... En effet je ne me souviens pas d'une station ayant demandé quel était le diplôme de son correspondant avant de transmettre pour ajuster sa vitesse de manipulation !

Outre les questions sur la réglementation  télégraphique et la taxation des télégrammes, la partie technique de l'examen portait sur des notions générales d'électricité. Certains points peuvent faire sourire presque un siècle plus tard (Pourquoi est-il nécessaire d'avoir des oscillations rapides ? éclateur...) ou réfléchir car toujours d'actualité (Danger de la haute tension, effets physiologiques, mise en marche des appareils, moyens de réduire la portée...). Manifestement on cherchait déjà à limiter le QRM !

Les questions pratiques  portaient sur le matériel utilisé par la Compagnie. La société Marconi semble être à l'époque la plus importante. Elle impose à ses opérateurs un nouvel examen tous les 3 ans (serait-ce le début de la formation continue ?). Si un radio souhaite changer de compagnie, il lui faut subir un nouvel examen pratique sur le matériel embarqué par celle-ci (ce dernier point ne semble pas si stupide que cela...). En ce temps-là le Radio était en effet, détail important, embauché par une compagnie radioélectrique.

Muni du précieux sésame notre opérateur, après examens médicaux le déclarant apte à affronter les climats d'outre-mer, se voyait proposer une traversée aller et retour à titre d'essai... La compagnie paye 100 Francs par mois (je n'ai aucune idée sur ce que représentait cette somme à l'époque, mais tarif dérisoire si j'en crois le rédacteur du journal) somme à laquelle s'ajoutent des avantages (nous allons en reparler !) qui font monter le pactole à 225 F environ. A noter que l'opérateur percevait une prime sur le trafic ... Il valait mieux officier sur un gros paquebot que sur un cargo !

Au bout d'un an le salaire s'élève à 125 F et à 150 F après deux ans. Le contrat qui lie le radio à la compagnie est de 3 ans. Ensuite nouvel examen ou la... porte...

A bord, le Radio est assimilé aux officiers "pont" mais aux matelots pour la retraite... d'où des remous bien compréhensibles, d'autant  qu'une excellente tenue (je cite) est exigée en même temps que la pratique de l'anglais ou de l'espagnol, suivant que le paquebot se rend en Amérique du Nord ou du Sud !

Le rédacteur termine son article par ces termes "... on ne peut encourager les jeunes gens ayant acquis de solides connaissances techniques à embrasser cette carrière..." bien que les dispositions prévues par cette conférence de 1912 sur la sécurité de la vie humaine en mer laissent espérer 25 000 télégraphistes pour opérer sur quelques 10 000 bateaux...  Les compagnies de navigation, bien qu'ayant toujours été  réticentes, vont devoir se résoudre à embaucher des opérateurs. Notre journaliste souhaite par ailleurs que ces derniers jouissent d'une indépendance totale, qu'ils soient des représentants de l'Etat et soustraits à l'influence des compagnies de navigation. Ces voeux n'ont pas été exaucés !

Le Radio de bord "tiendra" tout de même jusqu'en 1955/60 dans l'aviation et 1980 dans la marine marchande. Pas tout à fait un métier mort-né tout de même...

Revenons à ces fameux (?) avantages que je trouve assez  cocasses. Je cite "... à ce traitement, viennent s'ajouter des avantages matériels sérieux. L'opérateur est habillé et reçoit, à bord, nourriture et logement..." Quelle chance ils ont ces gens-là ! Eh oui, difficile d'emporter son panier pique-nique pour quelques mois ou d'aller au marché, même si chacun sait que les océans regorgent de petites auberges sympathiques aux menus alléchants... Les armateurs devaient par ailleurs avoir certainement peur que leurs Radios, trouvant gîte et couvert à leur goût, sans parler des charmes d'une accorte soubrette, ne rallient pas le bord pour la poursuite de la croisière !

 

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On parle beaucoup de PAR en ce moment. L'article de F5AD, pratique, aidera j'en suis sûr quelques OM.